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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

écritures

Publié le 20 Juin 2011 par F/.

L'Ile du sommeil, suite : les personnes qui se sont manifestées sur ce blog peuvent m'envoyer leur adresse en privé.

 


 

Semi-discussion l'autre soir chez un ami éditeur sur le style et la nécessité, plus générale, de prendre du temps pour écrire un livre. Dans une certaine mesure, j'ai du mal à croire à tout ça. Je veux dire, je pourrais passer deux ans à écrire un livre au lieu de deux mois mais, pour le genre de romans que j'affectionne, cela ne changerait, me semble-t-il, pas grand-chose - il est même probable qu'une majorité de lecteurs préfèreraient le livre écrit en deux mois à l'autre. Une certaine éditrice nantaise me soufflait cette idée il y a six ans, et elle n'a cessé de me hanter depuis lors. Le fait est que j'écris pour les lecteurs, pas pour moi, et l'idéal de perfection vers lequel je pourrais tendre, à force de réécriture, serait une chose si subjective et personnelle qu'elle n'intéresserait sans doute personne. J'ai eu plusieurs fois l'occasion de constater (il s'agit bien entendu d'une généralité) que, si les gens mettent deux ans à sortir un livre, ce n'est pas pas parce qu'ils s'échinent dessus pendant deux ans, mais bien parce qu'ils écrivent vingt heures par mois. J'ai pu aussi vérifier que les critiques et les théoriciens les plus persuasifs sur le papier écrivent ou publient souvent des livres qui ne me convainquent nullement. C'est une question qui en appelle d'autres, et à laquelle il est très difficile de répondre sans établir des postulats définitifs et intrinsèquement subjectifs. J'aime Nabokov, Pynchon, Axionov, Flaubert, Henry James, mais je serais assez incapable d'expliquer ce qui les place au-dessus du lot, ou de convaincre un lecteur qui ne trouverait nul plaisir à leur lecture.

 


 

A part ça, j'ai enfin vu Moon, de Duncan Jones, hier soir et, ma foi, c'était très bien, mais le tressaillement métaphysique auquel je m'attendais n'est jamais arrivé.

 

http://dosisminima.files.wordpress.com/2009/10/moon-2.jpg

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Laurent Gidon 05/07/2011 15:19


Argh ! Il y a le mot "métaphysique" dans une phrase sur un film de SF !


Fabrice Vigne 26/06/2011 17:59


Oui oui nous sommes d'accord. L'écrivain écrit comme il peut (deux mois ou deux ans), puis le lecteur lit comme il veut. Je suis même prêt à retirer ce que j'ai écrit précédemment, parce qu'après
tout pourquoi certains lecteurs ne reliraient-il pas avec plaisir Simenon ou Fabrice Colin ? On dit toujours des bêtises quand on énonce une règle générale. Ceci est une règle générale.


tribuleger 24/06/2011 19:17


...et je ne crois pas que cela à voir avec le temps d'écriture...la quantité n'a jamais été synonyme de qualité....enfin je crois. :*)...Ce qui importe.... c'est la façon dont le livre embarque le
lecteur dans le voyage de ses mots...:*)


F/. 24/06/2011 21:11



Voilà - après tout ça appartient aux lecteurs, et nos propres jugements sont affaire de foi - voire superflus.



Fabrice Vigne 24/06/2011 12:07


J'aime sans fin Flaubert et ses phrases sculptées pendant deux ans, mais j'aime aussi, et sans fin non plus, les romanciers rapides qui te racontent une histoire palpitante et te bouclent leur
roman en deux mois (voire en cinq jours comme Simenon). La différence réside peut-être dans l'usage que l'on fait de leurs livres : Simenon ou Fabrice Colin, je les lis ; Flaubert, je le relis,
c'est-à-dire que j'y reviens même une fois que je connais l'histoire. Mais bah, tout ça c'est de la littérature. "Tout ce qui rentre fait ventre", comme disait ma grand-mère.


F/. 24/06/2011 12:13



Oh, Fabrice Vigne ! Merci pour l'aphorisme grand-maternel savoureux, et pour votre passage !



Tribuleger :*) 20/06/2011 22:51


Tout est émotion et subjectivité.:*)