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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

Livre, culture et présidentielles

Publié le 12 Mars 2012 par F/.

Quid de la culture - et notamment du livre - en France lors du quinquennat à venir ? A quelle sauce les acteurs du milieu - et les consommateurs - seront-ils mangés, s'il faut en croire les promesses électorales de chacun ? Le moins que l'on puisse dire, à en croire leurs rutilants websites, est que les candidats à l'élection présidentielle de 2012 ne mettent pas spécialement en avant la question dans leur programme. N.B. : Je parle bien ici des sites → pas des déclarations orales. Ah, et je n'ai pas cherché à savoir ce que proposait Nicolas Sarkozy. Quand on tape présidentielles  + culture sur google images, d'ailleurs, l'un des premiers trucs sur lesquels on tombe, c'est ça :

 

http://www.gqmagazine.fr/uploads/images/thumbs/201210/sarkozy_2578_north_400x.jpg

 

Enfin bref. Rien, dans les cinq années écoulées, n'incite à croire que ce garçon tiendrait de toute façon ses promesses. Next !

 


 

Du côté de chez François Hollande, c'est maigre, très maigre (ou alors j'ai mal cherché ; il faut dire que le site rame, et met plus le candidat en avant que le programme). Sur le droit d'auteur : "Les droits d'auteur et droits voisins doivent être protégés contre la contrefaçon commerciale. Cela permettra le développement des offres légales. En effet les entreprises et les start-ups qui contribuent au financement de la création doivent être protégées contre les acteurs qui ne respectent pas la propriété intellectuelle." Et c'est à peu près tout. A priori, les Français feraient confiance au candidat socialiste sur ce point (ce qui ne veut pas dire grand-chose : il est en tête des sondages). Sur la base de quoi ? Peut-être de ceci, trouvé ailleurs (on notera le retour de la TVA à 5.5% pour le livre. Cochon qui s'en dédit).

 


 

Sur le site de Marine Le Pen, surprise (ou pas), c'est beaucoup, beaucoup plus fourni. Ce n'est qu'un site, bien sûr, et ce ne sont que des intentions - entre délire franco-français et prises de position plus inattendues (licence globale).

Redonner la parole au public : nous favoriserons la création d’associations du public et nous leur donnerons une place dans les conseils d’administration des institutions culturelles. Les subventions seront plus liées qu’aujourd’hui aux recettes propres, les structures subventionnées devront prouver qu’elles touchent un public important. Par ailleurs, le processus de nomination à la tête des institutions culturelles sera rendu transparent, les postes les plus importants seront pourvus, après audition des candidats, devant une commission de parlementaires, les débats étant publics.

Favoriser l’accès de tous à la culture : le budget du ministère de la Culture privilégie trop Paris, et ses stériles copinages par rapport à la province; il faudra inverser ce rapport. Les pratiques amateurs devront être mieux prises en compte. La création de bibliothèques et d’ « animateurs lecture » dans les écoles sera peu à peu généralisée.

Soutenir le livre et l’écrit : Le prix unique du livre sera maintenu, comme sera protégé le droit d’auteur, l’un et l’autre remis en cause par l’UE. Les actions du Centre National du Livre (CNL) devront privilégier la création francophone et la traduction. Les maisons d’édition françaises seront protégées contre les rachats par des groupes internationaux.

Valoriser notre patrimoine et notre culture : la défense du patrimoine sera remise au premier plan, qu’il s’agisse des monuments historiques ou du patrimoine rural (églises ou autres), faisant l’objet d’un plan d’urgence. A ce titre, un audit sera réalisé sur les cessions du patrimoine national effectuées par France Domaine durant les cinq dernières années, souvent en catimini, et les cessions seront désormais organisées à l’avenir avec parcimonie, et dans le strict respect de l’intérêt patrimonial français, avant toute considération financière. Le mécénat, comme le marché de l’art, sera encouragé par des mesures fiscales.

Soutenir l’exception culturelle française : les dispositifs favorisant notre exception culturelle (quotas de diffusion d’œuvres françaises, aides spécifiques à l’industrie française, etc.) relèvent d’une logique de priorité nationale, l’exception culturelle n’étant rien d’autre que la priorité nationale appliquée à la culture. Les quotas de diffusion d’œuvres françaises à la télévision et à la radio seront garantis, comme seront encouragées les grandes productions illustrant l’histoire de France, et la vitalité du monde francophone.

Seul véritable concurrent du cinéma américain, le cinéma français fera l’objet de mesures d’encouragement particulières, notamment quant à la promotion des films français par le service public audiovisuel. Le système de l’avance sur recette sera préservé, tout en devenant plus transparent et équitable. La cinémathèque française sera restaurée et la (re)diffusion des grandes œuvres du patrimoine cinématographique encouragée.

Garantir le dynamisme de la création vivante : le statut des intermittents sera réformé pour en stopper les déficits tout en gardant la souplesse nécessaire au métier d’artiste. Les structures d’insertion professionnelle (dans les opéras, les orchestres, les théâtres) seront développées ou créées et réservées aux nationaux.

Restaurer la politique de la langue française, tant abandonnée aujourd’hui, notamment par une législation renforçant les dispositifs de la loi dite Toubon. L’Académie française deviendra l’autorité de référence de la langue, aidée des commissions de terminologie. Une grande banque de terminologie en langue française sera créée en partenariat avec les banques du Québec et de l’ONU. La France dénoncera le protocole de Londres favorisant l’anglais dans les brevets internationaux.

Dans le secteur de la Communication, il faudra s’attacher à restaurer l’indépendance de la presse écrite et audiovisuelle : le fait que les grands groupes de médias appartiennent à des sociétés en étroite relation avec l’État (armement, BTP) pose un vrai problème de liberté; une loi interdira cette possibilité. Dans la même logique, la neutralité politique de l’audiovisuel public devra être réaffirmée.

Internet – La communication ne se rapporte pas qu’aux groupes de presse, elle concerne tous les Français, notamment à travers les médias audiovisuels Internet (blogs, forums, etc.). Leur liberté d’expression doit être garantie et renforcée dans ce domaine. Une licence globale sera instaurée pour les échanges privés sur Internet, qui doivent rester libres. La liberté sur internet sera fermement défendue contre toute tentative (HADOPI, LOPPSI 2 Traité ACTA) visant sous divers prétexte de la restreindre.

 


 

Chez François Bayrou, pas grand-chose (là encore, la navigation du site n'est pas super intutive), si ce n'est cette interview :

Que représente pour vous l’Internet et le monde numérique ? Et comment le promouvoir ?

François Bayrou - J’ai une longue histoire avec le numérique. Je suis l’auteur du premier journal numérique de France dans les années 1980, édité par un organisme, l’Office régional d’éducation permanente (Orep), à destination des agriculteurs. On pouvait ainsi rendre opérationnel un journal numérique qui donnait la météo, informait sur les endémies à venir, etc. Je vois dans le numérique et dans l’Internet un saut de société et de civilisation. Il y a une pratique sociale, économique et intellectuelle qui dépasse de beaucoup la simple activité économique. Et le partage coopératif, non marchand, est la marque de fabrique de cet univers-là : il peut y avoir intérêt social sans intérêt marchand. Dans un monde aux ressources épuisables, la connaissance devient universelle. La France est le pays avec le plus de vocations entrepreneuriales, mais le moins de passages à l’acte à la création. Les contraintes sont en effet innombrables et totalement inadaptées au milieu Internet et à l’activité en général. On pourrait imaginer une zone économique totalement autonome dans le monde Internet où l’on expérimenterait des règles mises en place par les créateurs d’entreprises. Le droit commun ne peut souvent pas s’appliquer dans ce domaine, il faut donc trouver des exceptions à ces règles, négociées entre les entrepreneurs et les représentants des salariés. Il faut également prévoir la possibilité de fixer des règles adaptées à l’activité elle-même. Par ailleurs, des règles de financement adaptées à l’activité elle-même doivent être élaborées. Oseo, s’il fait déjà beaucoup, pourrait très bien se comporter comme un fonds de fonds. Je propose pareillement qu’on harmonise les avantages fiscaux des business angels avec les avantages fiscaux d’autres intervenants comme les fonds structurés. On faciliterait ainsi le financement des start-up.

Comment produire en France avec l’Internet globalisé ?

FB - La totalité de la protection sociale du pays (santé, retraite, famille, etc.) et la totalité de l’action publique du pays (éducation, sécurité, réseaux, etc.) sont financées à 100 % par le travail réalisé en France. Il n’y a pas un euro de transfert d’un autre pays européen vers le système de protection sociale et d’action publique. Par ailleurs, l’Europe ne peut fonctionner s’il y a des pays flambants et des pays boiteux. La localisation de l’activité n’est donc pas indifférente. C’est une question de vie ou de mort de notre modèle social. À titre d’exemple, si les cartes Vitale étaient fabriquées en France, et non en Inde, 50 % des salaires seraient revenus dans les caisses de la Sécurité sociale. Il ne faut pas contribuer ou aider à la production en dehors de notre pays. La France est un pays où l’impulsion de la responsabilité publique est cruciale. Alors, certes, le mauvais côté de la médaille est un pays centralisé, mais le bon est un pays unifié par ceux qui le représentent. Ce qui s’est passé en 1958, lorsque de Gaulle avait à reconstruire le pays, se repose aujourd’hui. La culture du risque – et du risque de l’échec –, ainsi que la culture d’entreprise sont des enjeux très importants. Il faut réinventer cet élan-là.

Comment intégrez-vous Internet dans le dispositif de votre programme ?

FB - Pour que les jeunes soient bien dans le monde Internet, il faut leur donner les composants d’une culture générale élémentaire. Par exemple, la question de la méthode de lecture doit être réfléchie de manière nouvelle car le clavier est lettre à lettre. Le e-learning est de surcroît un très grand enjeu, à condition qu’il y ait aussi la présence humaine qui accompagne. Lorsque j’étais ministre de l’Éducation nationale, j’avais d’ailleurs demandé à ce que tous les cours du Collège de France soient en ligne. Comment faire pour former aux métiers de l’Internet ? Il y a très peu de formations au e-commerce. Or, on sait au minimum que c’est là que l’avenir se jouera. Je ne suis pas certain que ce soit au système d’éducation traditionnel de tout faire et je pense qu’il peut y avoir des initiatives dans le monde de la formation. Mais au moins devrait-il y avoir une stratégie nationale sur le sujet. Je suis d’ailleurs persuadé que ce dont la France manque le plus, c'est d'une stratégie nationale ! Créer ne se divise pas. La création d’entreprise et la création, qu’elle soit économique, scientifique, culturelle, numérique ou artistique, c’est le même mouvement et le même acte créateur. Le problème en France est que la création n’est pas très bien vue. Un salarié qui découvre, dépose un brevet et fait donc gagner beaucoup d’argent à son entreprise, touchera une prime moyenne de 250 euros ! Alors que dans des pays voisins, la prime est de l’ordre de 10 % du gain réalisé par l’entreprise. Cela vient sans doute du fait que l’Éducation nationale est fondée sur la reproduction et la répétition : un exercice idéal ou un théorème adéquat. Dans la réforme nécessaire de l’État et dans les économies indispensables, le numérique doit jouer un rôle fondamental. Il peut y avoir des administrations 100 % numériques, accessibles de n’importe où.

 


 

Jean-Luc Mélanchon ? N'a pas de site, juste un blog. On sait seulement qu'il est pour augmenter le budget de la Culture (contrairement à François Bayrou, par exemple). Une déclaration d'intention, cependant


 

En matière d’Internet, abrogation d’Hadopi et des règles de criminalisation progressive des usagers du Net au profit d’une contribution créative susceptible de rémunérer correctement l’ensemble des artistes et de reconnaître leur immense utilité sociale." Ailleurs : "Une culture accessible à tous passe par la construction, avec les actrices et acteurs, d’une nouvelle fiscalité de l’art et de la culture, qui favorise la circulation des biens culturels « art et essai », en commençant par appliquer le taux super réduit de TVA aux œuvres écrites, littéraires, artistiques et philosophiques."

 


 

Chez Philippe Poutou, quand on tape "culture", on tombe d'abord sur "agriculture." Lol. En fait, j'ai mal cherché, il y a un onglet "culture" ailleurs - ah, mais il n'est pas spécialement bandant.

 


 

Chez Nicolas Dupont-Aignant, il y a des propositions dans un doc pdf mais je n'ai pas réussi à l'ouvrir. Pas grave : je l'ai trouvé ailleurs.

GARANTIR LA LIBERTÉ SUR LE NET AFIN DE PROMOUVOIR LA DIVERSITÉ CULTURELLE

La révolution numérique de l’Internet permet potentiellement l’accès de tous à l’ensemble des oeuvres artistiques et culturelles dans le monde. C’est le rêve du « musée imaginaire » d’André Malraux à portée de main.

AUTORISER LE TÉLÉCHARGEMENT EN ABROGEANT LA LOI HADOPI

La révolution numérique est une chance inouïe qu’il ne faut pas laisser passer. Il faudra donc abroger la loi Hadopi tout en rémunérant les auteurs grâce au mécanisme de la licence globale, prélevée sur les fournisseurs d’accès à Internet.

Il n’y a pas de raison que cela soit toujours les citoyens qui payent pour accéder à la culture alors que les intermédiaires commerciaux s’enrichissent. Il faudra en outre assurer la neutralité du net afin de garantir la confidentialité des échanges et faire échec au traité liberticide ACTA, afin qu’il ne soit pas transposé en droit français.

PROMOUVOIR L’ACCÈS À LA CULTURE ET LA CULTURE FRANÇAISE

Notre culture est un élément primordial de notre identité nationale, ce qui lie tous les citoyens de la République entre eux. La culture, c’est aussi une ouverture sur le monde, monde qui a toujours été friand de culture française. Mon ambition sera à la fois de promouvoir l’accès à la culture en France et de promouvoir la culture française dans le monde.

Je propose de maintenir le traitement particulier de notre secteur culturel (prix unique du livre, protectionnisme culturel dans les domaines cinématographique, audiovisuel et musical). Je propose également un accès facilité aux musées nationaux, et j’encouragerai les échanges d’oeuvres pour faire sortir la culture de Paris. Je propose également de renforcer la loi Toubon pour éviter l’usage abusif de l’anglais, notamment dans la publicité. Pour le rayonnement de notre pays, je propose de développer le réseau de lycées et collèges français à l’étranger et des alliances françaises.

 


 

Voilà, les gens. Je sais bien qu'il n'y pas que le livre dans la vie et qu'il faut bouffer d'abord, mais je fais partie des malheureux qui ont la faiblesse de croire que la culture n'est rien moins que le socle de l'édifice démocratique. N'hésitez pas à compléter ou à ajouter votre grain de sel.

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Anonyme bis bis 05/04/2012 08:43

Oui, moi aussi, je suis d'accord.

Mais il semblerait que vous ayez oublié de jeter un oeil sur le programme du Cheminade ... ça aurait rajouté un peu de grave légèreté. (sic)

http://www.cheminade2012.fr/Operation-Lagrange-Malraux-pour-sauver-les-jeunes-et-la-culture-vite_00450

Ca commence doucement, sur des notes qui ronronnent un peu.

Puis des trucs apparaissent, comme : " Opération Amadeus, un instrument pour tous".

Et sur la suite on finit par avoir vraiment, vraiment peur.

Cécile 21/03/2012 20:53

Je suis totalement d accord avec vous sur le role du livre dans une démocratie..

F/. 23/03/2012 12:59



Et j'en suis bien content !



Christian 18/03/2012 21:09

Euh Mélanchon ça s'écrit Mélenchon.
Un homme qui a la passion des beaux textes, et entre autres ceux de Victor Hugo, a certainement la volonté de défendre la culture.

F/. 19/03/2012 08:37



Merci Christian. La fatigue, tout ça. J'ai rectifié.



Lapin 13/03/2012 12:56

Le lapin est apolitique (les carottes je préfère les manger).

Ton billet me rappelle un entretien avec Jospin lu dans un magazine ciné : "vous aimez le cinéma ?" "Ah ben oui beaucoup" "Votre meilleur souvenir ?" "Un film avec des pirates. Je ne me souviens
plus du titre".

Les philistins ont gagné, fais chier.

F/. 13/03/2012 13:24



Chaque fois que je lis ce mot ("philistin"), je pense à Vladimir Nabokov. Un peu de grâce dans un monde médiocre.



Pascale 12/03/2012 23:25

Les mecs qui écrivent des livres avec des titres en anglais, dont le cadre est une ville américaine, feraient bien de ne pas voter Marine, voilà mon grain de sel ( en même temps il est tard et j'ai
sommeil).

F/. 13/03/2012 07:36



Comment dire ? Le jour où je vote, disons, à droite de Hollande, je t'autorise à me mettre une balle dans la nuque (même si je t'affirme que je n'ai jamais écrit ça).