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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

pendant ce temps dans le New Hampshire

Publié le 26 Juin 2014 par F/.

pendant ce temps dans le New Hampshire

Une tendance intéressante sur Facebook, ces derniers temps : celle de réclamer la mort des gens. Ça marche pour les grévistes et pour les amateurs de foot, par exemple - des criminels, vous en conviendrez, pour qui le châtiment se doit d'être à la hauteur du forfait. Il faudrait les pendre, lit-on. Leur tirer une balle. Leur arracher les tripes, les pousser d'une falaise. Hé, les mecs, il y a un truc qui existe en vrai et qui s'appelle les jeux vidéos. Vous devriez essayer.

Ou bien des livres ? Ça tombe bien, la rentrée littéraire s'annonce musclée. Pynchon, Vann, Palahniuk, des essais de Sebald, Hustvedt (dont on me chante les louanges) - j'ai tout ça à la maison, sur des tables, par terre, et d'autres merveilles dont je m'efforcerai de parler intelligemment dans le prochain numéro de Chro(nicart). Dernières pépites lues : La Mauvaise pente, de Chris Womersley, qui ressemble beaucoup à Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, en un peu plus, disons, humain - et Enon de Paul Harding, un bréviaire halluciné frappé d'un sceau de ténèbres : on y suit un certain Charlie Crosby dévasté par la mort de sa fille de 13 ans, trébuchant sans fin au milieu d'un cimetière, de sa vie - "quelques cerfs erraient sur les greens de golf à ma droite, et le marbre des pierres tombales était luminescent".

[Aujourd'hui, devant vos yeux ébahis, je vais appeler P.O.L. pour tenter de comprendre pourquoi ils refusent de m'envoyer le Carrère (j'ai plusieurs idées à ce sujet, aucune n'est plaisante).]

Il y a quelque temps, à la maison, on s'est fait un mini-cycle Brad Anderson. The Machinist (son film le plus connu, un très joli truc para-lynchien mais tenu, tourné dans une Espagne transformée en Hollywood), The Call (Halle Berry, qui répond au 911, tente de localiser un tueur qui a déjà frappé par le passé - intéressant, mais la fin verse dans un grand-guignol convenu, on sent le producteur un peu nerveux, grinçant des dents) et Transsibérien, réalisé avec quatre centimes, très bien fichu (un couple dans le train, on leur refile une valise - ils auraient dû l'ouvrir). Autres films vus : Captain Phillips, le dernier Greengrass inspiré d'une histoire vraie (des pirates somaliens prennent le capitaine d'un bateau en otage), très prenant, alors que le pitch ne me disait rien, et Last days of summer de Jason Reitman, (trop ?) langoureusement filmé, tiré du roman Long Weekend de Joyce Maynard laquelle, transition habile, sera présente au Festival America en septembre - nous en reparlerons. Ce dont nous ne reparlerons pas, en revanche, c'est du fait que je connais surtout Joyce Maynard comme la "petite amie" de ce joyeux sociopathe de JD Salinger, une expérience racontée en long et en large dans le saisissant Et devant moi, le monde et, non, je n'embrayerai pas plus que ça sur le nouveau Beigbeder - la seule pensée que cet homme ait pu consacrer un roman à l'ermite de Cornish, fût-ce au travers de sa brève relation avec Oona O'Neill, me donnant envie de courir à poil dans les Rocheuses avec un sac en plastique sur la tête.

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