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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

oh non ! on a encore anglais !

Publié le 25 Septembre 2012 par F/.

Hier, par petits morceaux, j'ai lu G229 de Jean-Philippe Blondel, un livre qui gisait sur ma table de nuit depuis, hum, au minimum, et que je trouvais toujours une bonne raison de laisser de côté parce que, c'est vrai, me taper les bouquins des amis me fout toujours salement les jetons. Je veux dire, un pote vous file un livre, et vous restez muet. Votre silence, rétrospectivement, va-t-il être interprété comme une manifestation de pudeur consternée ? Thanks god, je n'ai pas eu ce problème avec Jean-Phi-Phi, qui représente à lui seul une espèce rarissime : l'écrivain populaire honnête & profond. Ne me demandez pas d'expliquer ça. Ceux qui me connaissent savent quel sale petit branleur snobinard je peux être en matière de littérature, genre "Oh ! Un inédit de B.S. Johnson ! Chouette, une nouvelle trad d'Arno Schmidt ! Dieu du ciel, ce bon vieux Gilbert Sorrentino ne serait-il pas fourvoyé vers la fin de sa carrière ?" Jean-Philippe Blondel parle "seulement" de son boulot de prof d'anglais : il parle donc de tout le reste. Ne pas se donner le beau rôle, dans ce contexte, ressemble à une sinécure. Mais l'auteur écrit comme il est, sans effets de manche, et ça suffit. G229, c'est l'anti Entre les murs : juste un type qui, en apparence, ne bouge pas, et des élèves qui, à première vue, changent tout le temps. Sauf que c'est peut-être le contraire. La vie d'un prof ? Des souvenirs, des regrets, des bonheurs fugaces, des rencontres, des chansons, pas mal de rires, un flacon de larmes retenues, magiques. Le passage sur le 11 septembre est l'une des choses les plus justes qu'il m'ait été donné de lire sur cette journée. Blondel, c'est le mec que vous auriez adorer avoir comme prof. Vous l'auriez trouvé un peu chiant pour la forme et vous l'auriez recroisé dix ans plus tard et vous vous seriez dit, pour plein de raisons joyeuses et confuses : "Hey ! J'aimais ce type." Moi, j'ai du bol, ce gros nul n'est même pas mon prof. Ses mots me suffisent, et son rire quand je le vois. Oh, et arrêtez, s'il vous plaît, de penser qu'à chaque fois que j'écris un truc sympa sur quelqu'un, c'est une rubrique nécrologique. Vous ne trouverez pas plus vivant, plus "dans la vie" que Jean-Philippe Blondel, un garçon dont les livres ressemblent un peu à des uppercuts donnés au ralenti, des uppercuts très justes et très tendres : c'est aussi une chose qu'on peut espérer de la littérature.

 

 

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