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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

sans gravité

Publié le 31 Octobre 2013 par F/.

Gravity : vu il y a huit jours maintenant. Avais-je besoin de ce recul ? En vérité, le souvenir du film d'Alfonso Cuaron s'est déjà largement estompé dans ma mémoire, et ce n'est pas un signe très encourageant. Des vues de l'espace saisissantes, oui. Mais est-ce que ça suffit ? J'avais, je crois, envie de voir autre chose qu'un docu de la NASA filmé en caméra subjective surligné d'une musique pompeuse. La bande-annonce et le buzz afférent m'avaient, à vrai dire, laissé espérer un truc réellement dingue : une errance sans fin entrecoupée de flash-backs, peut-être, un face à face inouï avec l'humain, du blanc sur fond noir, de la peur et rien d'autre, une terreur primale qui aurait fait office de révélateur et aurait permis toutes les audaces (imaginez : une caméra subjective filmant l'errance à travers l'espace en un dernier plan-séquence de dix minutes alors même que le personnage principal serait mort, par exemple). Mais la gentille Sandra fait ce que fait n'importe quel protagoniste de n'importe quelle production hollywoodienne, et on ne peut pas lui en vouloir : elle essaie de s'en sortir. Et elle s'en sort, évidemment (quant à Clooney, il fait du Clooney, la seule scène vraiment intéressante à mes yeux restant celle où il réapparaît en rêve, nous prenant à notre propre piège de spectateur blasé - c'est le moment, salvateur, où le film se moque de sa propre logique, tout en l'entérinant de facto). En ce sens, Gravity ne révolutionne rien, ne redistribue aucune carte. Il ne fait qu'entériner un fait un peu désolant : le cinéma est devenu une course à la technique et à la performance. Et, comme c'est un peu embarrassant quand même, on essaie de justifier la forme par le fond. J'ai lu quelque part que la grenouille de la fin symbolisait l'évolution. Je suppose, du coup, que la capsule spatiale est un utérus, et le câble qui rattache Sandra au module un cordon ombilical. J'espère seulement que Cuaron n'a pas pensé ces scènes. Ce serait encore plus triste que lourdingue.

 

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Aude 04/11/2013 14:50

Je vous conseille très fortement la lecture de Planète, de Makoto Yukimura, un manga avec des vrais bouts de métaphysique dedans, tellement bien fichu qu'on le referme parfois un instant pour
souffler, pour éloigner l'impression d'être bel et bien paumé tout seul dans l'espace...
http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-bd-comics-manga/makoto-yukimura-chronique-de-planetes/

Valérie Le Plouhinec 01/11/2013 10:47

D'accord avec tout, et je dirai même plus : Pourquoi, mais pourquoi pourquoi Cuaron n'a-t-il pas pensé à faire dire à Clooney : "Vers l'infini et au-delà" ? Pfff, une occasion en or, et il passe à
côté…