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(please follow) the golden path

Llittérature, films, séries, musique, etc.

what part of forever don't you understand ?

Publié le 8 Septembre 2013 par F/.

Stories we tell, qui, très vite, et après qu'il est acquis que c'est le vieux père qui sera la voix du film, s'ouvre sur le merveilleux Skinny Love de Bon Iver ("And now all your love is wasted / And then who the hell was I ?") et voit, dès lors, défiler des plans des frères et sœurs de Sarah Polley, ainsi que des amis et/ou proches de la famille, prêts (et plus ou moins désireux de le faire, se rendra-t-on compte) à raconter leur version de l'histoire, est le troisième long-métrage de la réalisatrice, et c'est un chef-d'œuvre en forme de petite cathédrale. Au coeur du récit : Diane Polley, la mère de Sarah, décédée trop tôt d'un cancer. C'est elle le trou noir du film, l'absence, le tsunami qui laisse les autres fouiller les débris de l'épave. Qui était-elle ? Que cachait-elle ? Bien sûr, le film est né parce que Sarah a appris quelque chose : sur elle, sur Diane P. Je ne vous en dirai pas plus ; simplement, Stories we tell est un bijou indé comme seul le cinéma américain - OK, canadien en l'occurrence - est capable d'en offrir. Interviews tragi-comiques, voix off hiératique, films vintage censément issus du passé des Polley mais filmés avec acteurs : une ode à la narration et à ses détours tragiques - mise en abime et montage pervers, comme le souligne Michael Polley lui-même vers la fin : tout ce que j'aime. "A difficult movie to describe in a way that will make it sound interesting" s'excuse presque un commentateur sur le site d'Amazon.com (le seul endroit où on peut trouver le film so far, si on ne me le demande pas directement) et c'est vrai : ce sont les silences, ce sont les regards et l'entrelacs des versions, des points de vue, qui font toute la valeur de ce vrai-faux documentaire magistral, comme si la vérité à laquelle prétend l'art ne pouvait être atteinte que par effraction.

 

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